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Newsletter Mai 26 : Backlash écologique

« Aujourd’hui plus de 3 personnes sur 4 dans le monde se déclarent concernées par les impacts du changement climatique ». Et pourtant, on assiste ces dernières années à un « backlash », un retour en arrière politique très marqué, sur les sujets écologiques.

Une partie de l’explication peut être les erreurs des discours écologistes comme l’analyse Eric Aeshimann dans « Les vipères ne tombent pas du ciel ». Dans « Les pingouins ne sauveront pas la banquise », Melusine Boon-Falleur nous propose les derniers enseignements des sciences cognitives pour améliorer ces discours.

Mais s’il y a beaucoup d’améliorations à apporter dans le discours écologique, les deux auteurs rejoignent le constat fait dans l’ouvrage collectif « Greenbacklash », à savoir que le retour en arrière est surtout « le fait de toutes celles et de tous ceux qui ont énormément à perdre matériellement et symboliquement face au progressisme socio-écologique, ainsi que celles et ceux – la majorité de la population – à qui on fait croire qu’ils et elles auront davantage à perdre qu’à gagner ».

Ce constat rejoint l’analyse sociologique très fine faite par Jean Baptiste Comby dans « Ecolos, mais pas trop », qui conclut qu’il est indispensable de lier démarche écologique et démarche sociale. Reprenant l’idée développée par Bruno Latour et Nikolaj Schultz dans « Memo sur une nouvelle classe écologique », il propose d’« établir un bloc majoritaire pour engager une lutte des classes ayant l’écologie comme levier et comme boussole ». Autrement dit« l’écologie sans la lutte des classes, c’est du gaspillage ».

Benoit de Guillebon