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	<title>Chedd</title>
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	<title>Chedd</title>
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		<title>MOINS!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:10:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décroissance est une philosophie Kohei Sato, éditions du seuil, 2024 Kohei Sato est un philosophe d&#8217;origine japonaise qui a fait son doctorat en Allemagne et a beaucoup travaillé sur les écrits de Karl Marx. S&#8217;appuyant sur des écrits de vieillesse de Marx et sur la radicalité de sa critique du capitalisme, il nous décrit [&#8230;]</p>
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<p><em>La décroissance est une philosophie</em></p>



<p>Kohei Sato, éditions du seuil, 2024</p>



<p>Kohei Sato est un philosophe d&rsquo;origine japonaise qui a fait son doctorat en Allemagne et a beaucoup travaillé sur les écrits de Karl Marx. S&rsquo;appuyant sur des écrits de vieillesse de Marx et sur la radicalité de sa critique du capitalisme, il nous décrit un marxisme « vert », un « <em>communisme de la décroissance</em> » de nature à combattre le désastre social et écologique en cours. « <em>J&rsquo;ai l&rsquo;intention de « déterrer » et de développer les aspects totalement nouveaux de la pensée de Marx qui sont restés en sommeil pendant près de 150 ans, pour libérer nos imaginations et contribuer, je l&rsquo;espère, à créer une société meilleure à l&rsquo;ère de la crise climatique</em>« .</p>



<p>Pour Marx, la religion était l&rsquo;opium du peuple. Pour Kohei Sato, ce sont les Objectifs du Développement Durable qui sont l&rsquo;opium du peuple. « <em>Les ODD servent juste d&rsquo;alibi pour détourner notre attention de la crise qui se déroule sous nos yeux</em>« . Dès l&rsquo;introduction de l&rsquo;ouvrage, le ton est donné : les solutions proposées seront beaucoup plus radicales qu’espérer atteindre des ODD &#8211; qui en pratique n&rsquo;ont jamais été atteints.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le premier constat, c&rsquo;est que nous sommes dans un monde ou « <em>Le centre &#8211; </em>les pays occidentaux <em>&#8211; a pillé les ressources de la périphérie &#8211; </em>les pays du sud global <em>&#8211; au nom de la croissance économique tout en imposant la périphérie des coûts et les charges que le développement économique dissimule ». </em>Autrement dit les pays développés ont externalisé<em> « l&rsquo;impact environnemental vers des personnes ou vers un environnement naturel « quelque part au loin », </em>sans vouloir payer les coûts réels de ce déplacement. C&rsquo;est ce que l&rsquo;auteur appelle<em> « l&rsquo;impérialisme écologique ». </em>A côté de ce déplacement géographique, il y a le déplacement technologique &#8211; la technologie va nous sauver &#8211; et le déplacement temporel &#8211; après nous le déluge -. Bref on a déplacé le problème écologique, mais il est bien là. <em>« Quelles sont alors les mesures audacieuses que nous pouvons réellement adopter ? ».</em></p>



<p>L&rsquo;auteur fait un sort au keynésianisme climatique (la croissance verte), qui parie sur le découplage, la dématérialisation de l&rsquo;économie et la technologie pour maintenir la croissance. « <em>Refuser ainsi de regarder la vérité en face c&rsquo;est renforcer encore le mode de vie impérial et faire naître encore plus d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppression à la périphérie. Nous ne pouvons pas continuer longtemps comme ça sans un jour proche en payer les conséquences ».</em></p>



<p>Alors la décroissance, mais quelle décroissance ?</p>



<p>Dans le cadre du capitalisme cela semble impossible : « <em>Souhaiter maintenir le capitalisme tout en éliminant sa caractéristique fondamentale qu&rsquo;est la croissance économique basée sur l&rsquo;extraction des profits, c&rsquo;est un peu comme réaliser la quadrature du cercle. C&rsquo;est un fantasme rien de plus ».</em></p>



<p>La crise environnementale de l&rsquo;anthropocène nous amène donc à envisager un avenir post capitaliste.Et c&rsquo;est là que l&rsquo;auteur revient à Marx : il consacre un chapitre à la pensée de Marx et à son évolution au cours du temps. On voit ainsi le Marx du Capital, très productiviste et plaidant pour une appropriation des moyens de production par les travailleurs, évoluer pour prendre en compte les enjeux de l’écologie, abandonner l&rsquo;eurocentrisme, étudier les sociétés communales pour arriver à la conclusion « <em>la durabilité et l&rsquo;égalité qui repose sur une économie stationnaire constitue une résistance au capital et forme les fondations d&rsquo;une société future</em>« . Marx en arrive ainsi au concept de « <em>communisme de la décroissance</em> » que l&rsquo;auteur va s&#8217;employer à développer dans la seconde partie de l&rsquo;ouvrage.</p>



<p>Il commence par détailler le fait que le principe du capitalisme, c&rsquo;est de créer la rareté , là où la gestion des communs (le communisme) génère l&rsquo;abondance : « <em>L&rsquo;accumulation primitive du capital a ainsi démantelé les communs abondants et a créé une rareté artificielle ». </em>De même la fortune privée réduit la richesse publique. Il faut bien faire la distinction entre la valeur d&rsquo;usage (ce qui améliore réellement la vie des gens) et la valeur monétaire qui mesure la propriété. Tout l&rsquo;enjeu du capitalisme a été de marchandiser des communs qui avaient une valeur d&rsquo;usage (mais pas de prix), pour leur donner une valeur de marché. Ce qui conduit à ce que les travailleurs modernes sont « <em>des esclaves</em>« , que la dette devient un moyen de pouvoir et que les capitalistes peuvent tirer des bénéfices des désastres, comme cela a été le cas lors de la pandémie de COVID : « <em>L&rsquo;accroissement de la rareté aux frais de la valeur d&rsquo;usage ne fait qu&rsquo;accroître la richesse privée ».</em></p>



<p><em>« Mettons fin au capitalisme et restaurons l&rsquo;abondance radicale. A l&rsquo;horizon c&rsquo;est la liberté qui nous attend ».</em> A ceux qui pourraient lui opposer que le communisme a pour l&rsquo;instant plutôt correspondu à une <em>« liberté sacrifiée pour l&rsquo;égalité », </em>l&rsquo;auteur répond par le besoin d’auto limitation face à la finitude du monde. Auto limitation qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;obtenir,&nbsp; « <em>parce que nous vivons sous cette tyrannie du capital qui nous pousse à une consommation effrénée</em>« . L’auto limitation est donc  » <em>Un acte révolutionnaire, un acte de résistance au capitalisme</em>« .</p>



<p>L&rsquo;auteur décrit ensuite ce qu&rsquo;il appelle les piliers du communisme de décroissance : le passage à une économie de la valeur d&rsquo;usage « <em>Au lieu de chercher à augmenter le PIB l&rsquo;action émise sur la satisfaction des besoins fondamentaux des personnes</em> » ; la réduction du temps de travail,&nbsp; en éliminant tous les « bullshit jobs » ; l&rsquo;abolition de la division standardisée du travail « <em>Modifier l&rsquo;objet du travail et de réduire le stress pour humaniser nos vies</em> » et ainsi éviter de se précipiter dans le consumérisme ; la démocratisation du processus de production la « <em>propriété sociale des moyens de production</em> » ; et la mise en valeur des services essentiels, ce que l&rsquo;on peut traduire par : valoriser les premiers de corvée &#8211; souvent les métiers du soin &#8211; plutôt que les premiers de cordée.</p>



<p>Kohei Sato finit le livre « <em>en étudiant un certain nombre d&rsquo;innovations urbaines au regard du Marx des dernières années&#8230; grâce à ce nouveau regard le monde va nous sembler bien différent de ce qu&rsquo;il était avant ». </em>Il s&rsquo;appuie en particulier sur le cas de Barcelone.</p>



<p>L&rsquo;analyse que fait l&rsquo;auteur de la pensée de Marx vieillissant est très convaincante : reste toutefois la question de comment faire bouger le système capitaliste. Dans sa conclusion, Kohei Sato nous rappelle les recherches d&rsquo;Erica Chenoweth qui a déterminé qu&rsquo;il suffit que « <em>3,5% d&rsquo;une population s&rsquo;engage dans un mouvement de revendication non violent avec conviction pour que la société en question connaisse des changements ». </em>Et il nous encourage à prendre la décision d&rsquo;être dans ces 3,5% qui changeront le monde. Un ouvrage très facile à lire dans lequel l&rsquo;auteur a su traduire de manière simple des réflexions philosophiques dans le but de nous « <em>convaincre que le communisme de décroissance est le seul choix qui nous reste pour faire naître une société durable et juste qui permettra à l&rsquo;humanité de surmonter la crise environnementale ». </em>C&rsquo;est aussi une belle occasion de découvrir la pensée de Marx et de son évolution après la publication du Capital.</p>
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		<title>NOS VIES NE SONT PAS DES MARCHANDISES</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/nos-vies-ne-sont-pas-des-marchandises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:06:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Manifeste pour une démarchandisation Boris Vallaud, Éditions du seuil, 2026 «&#160;Cet ouvrage propose de regrouper nos forces autour d&#8217;une idée forte et tranchante, qui emporte l&#8217;adhésion populaire par la simplicité de son évidence, d&#8217;une aspiration derrière laquelle se rassemblait, d&#8217;un mot d&#8217;ordre mobilisateur&#160;: la démarchandisation&#160;». Certes en période pré-électorale, Boris Vallaud, président du groupe socialiste [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Manifeste pour une démarchandisation</em></p>



<p>Boris Vallaud, Éditions du seuil, 2026</p>



<p>«&nbsp;<em>Cet ouvrage propose de regrouper nos forces autour d&rsquo;une idée forte et tranchante, qui emporte l&rsquo;adhésion populaire par la simplicité de son évidence, d&rsquo;une aspiration derrière laquelle se rassemblait, d&rsquo;un mot d&rsquo;ordre mobilisateur&nbsp;: la démarchandisation</em>&nbsp;». Certes en période pré-électorale, Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l&rsquo;Assemblée nationale, avance des idées pour 2027. Mais son ouvrage n&rsquo;est pas un programme électoral. C&rsquo;est une réflexion bien étayée sur l&rsquo;invasion de nos vies par la société de marché et un appel à un sursaut démocratique pour résister à cette invasion.</p>



<p>En 1981, dans «&nbsp;la grande transformation&nbsp;», Carl Polanyi analysait le «&nbsp;désencastrement&nbsp;» de l&rsquo;économie du social, «&nbsp;<em>c&rsquo;est à dire le moment où la production et les échanges cessent d&rsquo;être régulés par des besoins humains pour devenir objet de spéculation sans limites, ou des pans entiers de l&rsquo;existence sont progressivement transformés en marchandises&nbsp;», </em>autrement dit le moment où le marché tend à devenir<em> « la matrice de notre existence&nbsp;». </em>Dans la première partie de son ouvrage, Boris Vallaud décrit avec des exemples très concrets cette marchandisation de notre vie&nbsp;: l’eau, la terre, l’énergie, la santé, la petite enfance, la vieillesse, la mort, l’école, le temps libre.</p>



<p>«&nbsp;<em>Le marché total n&rsquo;a rien d&rsquo;une fatalité Il n&rsquo;est pas né d&rsquo;un projet de progrès inéluctable mais de quelques choix politiques et de beaucoup de renoncements&#8230; Si nous voulons préserver la démocratie et reprendre la marche en avant du progrès, il ne suffit plus de décrire ce qui la menace, il nous faut désormais décider de ce qui peut encore la sauver&nbsp;».</em></p>



<p>L&rsquo;auteur revient alors aux bases historiques de la pensée socialiste&nbsp;: <em>«&nbsp;Tout ne peut pas être livré au marché sans que la vie humaine elle-même en soit abîmée&nbsp;»,</em> pensée qui s&rsquo;est enrichie pendant deux siècles avec Marx, Saint Simon, Ivan Illich, André Gorz&#8230;<em> « Les socialistes ont construit les institutions capables de protéger du marketing, les écologistes ont montré que l&rsquo;autonomie suppose de maîtriser nos besoins et nos outils, mais ils n&rsquo;ont pas remporté la bataille culturelle face au marché&nbsp;».</em></p>



<p>Malheureusement la régulation par l&rsquo;État ne suffit pas, d&rsquo;autant que l&rsquo;État est infiltré par la logique de marché. Malgré tout, il existe des exemples qui montrent la voie, comme la ville de Vienne qui est un paradis pour les locataires, la gestion de l&rsquo;eau qui est reprise en main par les collectivités locales, le développement de l&rsquo;économie sociale et solidaire ou les services publics funéraires.</p>



<p>&nbsp;«&nbsp;<em>Le moment est venu pour nos sociétés de se retourner sur elles-mêmes et de décider ce qu&rsquo;elles souhaitent protéger de la loi du plus fort, de l&rsquo;appétit de l&rsquo;arbitraire du prix&nbsp;». </em>L&rsquo;objet de la troisième partie est de tracer des pistes de solutions autour de quelques grands principes. «&nbsp;<em>Dès que le marché créé de la vulnérabilité, il doit être stoppé</em> ». «&nbsp;<em>Une société peut décider de soustraire </em>certains biens à la propriété exclusive et la logique lucrative afin d&rsquo;en garantir l&rsquo;usage collectif&nbsp;». <em>«&nbsp;La propriété privée est un droit mais un droit subordonné au bien commun.&nbsp;»</em>.</p>



<p>La fin de l&rsquo;ouvrage est consacrée à des propositions très concrètes allant dans le sens d&rsquo;une démarchandisation pour «&nbsp;<em>reprendre ce qui nous appartient</em>&nbsp;» : encadrement des loyers, lutte contre l’artificialisation des sols, fiscalité renforcée sur les superprofits et les rentes, protection des données personnelles, opérateur public unique pour gérer routes nationales et autoroutes, offre non lucrative de places en crèche, renforcement de l’hôpital public, lois sur l’hygiène numérique, référendum d’initiative citoyenne, codétermination dans les entreprises, soutien à l’économie sociale et solidaire,&nbsp;etc. Un ouvrage qui fait un appel très pertinent à une réappropriation démocratique de la vie sociale&nbsp; «&nbsp;<em>Ce projet affirme une chose simple et décisive&nbsp;: ce qui fait tenir une société &#8211; le soin, le temps,&nbsp; l&rsquo;attention, le travail, la nature, les savoirs, les territoires &#8211; doit relever d&rsquo;un choix politique collectif et non d&rsquo;un marché sans visage et sans contrôle</em>&nbsp;».</p>
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		<title>FIN DU MONDE ET PETITS FOURS</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/fin-du-monde-et-petits-fours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:04:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les ultra-riches face à la crise climatique Édouard Morena, Éditions La Découverte, 2023 Face au changement climatique, certains des plus riches se replient dans des bunkers de luxe. Mais le plus grand nombre privilégie «&#160;l&#8217;engagement et en particulier l&#8217;orientation des politiques climatiques, pour à la fois atténuer la menace que fait peser la crise climatique [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Les ultra-riches face à la crise climatique</em></p>



<p>Édouard Morena, Éditions La Découverte, 2023</p>



<p>Face au changement climatique, certains des plus riches se replient dans des bunkers de luxe. Mais le plus grand nombre privilégie «&nbsp;<em>l&rsquo;engagement et en particulier l&rsquo;orientation des politiques climatiques, pour à la fois atténuer la menace que fait peser la crise climatique sur leurs actifs et transformer l&rsquo;atténuation de cette menace en une nouvelle source de profit</em>&nbsp;». Édouard Morena, maître de conférences en sciences politiques, a mené l’enquête sur les différentes formes d&rsquo;action de cette «&nbsp;jet-set&nbsp;» climatique pour promouvoir un capitalisme vert qui protège leurs intérêts.</p>



<p>Il y a plus de 20 ans, «&nbsp;<em>Un collectif plutôt restreint d&rsquo;individus fortunés s&rsquo;est mobilisé et structuré pour peser sur le débat climatique en vue de la conférence de Copenhague sur le climat de 2009 (COP15). </em>N&rsquo;hésitant pas à se présenter comme<em> «&nbsp;les seuls capables de nous guider vers un monde bas carbone&nbsp;», </em>ces businessmen avaient comme objectif de normaliser leur présence au sein du débat climatique.</p>



<p>Une fois bien installés dans la place , ils ont travaillé à mobiliser «&nbsp;<em>une multitude d&rsquo;acteurs autour d&rsquo;une seule et même idée&nbsp;: ce sont les mécanismes du marché fondés sur la marchandisation de la nature qui sauveront le climat</em>&nbsp;». C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est apparu le mécanisme REED (réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts) qui a permis aux plus riches d&rsquo;investir dans des forêts. Les profits liés au marché carbone sont arrivés rapidement. «&nbsp;<em>Les réductions d&rsquo;émissions, elles, se font attendre</em> ».</p>



<p>Comme l&rsquo;ont bien illustré Matthieu Aron et Caroline Michel Aguirre dans «&nbsp;Les infiltrés&nbsp;», les grands cabinets de conseil ont acquis depuis plus de 20 ans une influence majeure sur les politiques publiques. Édouard Morena consacre un chapitre au plus grand d&rsquo;entre eux, Mac Kinsey qui, chiffres et PowerPoint à l&rsquo;appui, «&nbsp;<em>a diffusé l&rsquo;idée que la décarbonation de nos sociétés n&rsquo;était pas seulement nécessaire du point de vue environnemental, mais souhaitable du point de vue économique et que les entreprises et les investisseurs privés étaient les mieux à même de porter cette transition&nbsp;</em>».</p>



<p>Pour normaliser le capitalisme vert, il faut au mieux emporter l&rsquo;adhésion, au minimum contrôler le discours des médias, des scientifiques, des ONG&#8230; «&nbsp;<em>L&rsquo;heure des communicants et des experts en relations publiques était arrivée&nbsp;»</em>. Dans le chapitre «&nbsp;<em>make our blabla great again&nbsp;</em>», l&rsquo;auteur décrit comment les communicants produisent des «&nbsp;<em>récits enchanteurs</em>&nbsp;», des «&nbsp;<em>signaux&nbsp;»</em>, du «<em>&nbsp;momentum</em>&nbsp;», pour inciter les politiques, les entreprises et les consommateurs à s&rsquo;engager sur la voie d&rsquo;une transition bas carbone&#8230; qui bénéficie aux plus riches.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La dernière étape, c&rsquo;est la récupération des activistes climatiques, comme l&rsquo;illustre la présence de Greta Thunberg à Davos en 2020. Comme le dit l&rsquo;activiste Nathan Thanki, cité par l&rsquo;auteur «&nbsp;<em>On pense parfois que l&rsquo;on est en train de dire la vérité aux puissants, alors qu&rsquo;en réalité on est en train de parler à un événement organisé par ceux au pouvoir et pour les maintenir en place&nbsp;».</em></p>



<p>A travers cet ouvrage très documenté, l&rsquo;auteur nous rend très concret cet effort concerté de prise en main du débat climatique par les élites et le «&nbsp;<em>travail de façonnage à grand renfort de consultants de communicants et d&rsquo;experts en tout genre des institutions et processus internationaux censés tracer la voie à suivre en matière de politique climatique&nbsp;».</em></p>



<p>Et il ne faut pas se laisser leurrer par le rapprochement des plus riches avec les activistes climatiques, qui se traduit parfois par des financements importants. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une «&nbsp;<em>classe qui a compris que, compte tenu des risques économiques,&nbsp; politiques et sociaux que fait peser la crise climatique sur son patrimoine et son pouvoir, elle a intérêt à agir&nbsp;» </em>etimposer les solutions en matière d&rsquo;actions climatiques qui correspondent à leurs intérêts.</p>



<p>La conclusion de l&rsquo;auteur rejoint celle de Jean Baptiste Gomby dans « Écolo, mais pas trop&nbsp;», ou de Bruno Latour dans «&nbsp;une nouvelle classe écologique&nbsp;». « <em>Les faits sont têtus. Ce sont les riches qui détruisent la planète</em>&nbsp;» et il faut donc refuser le discours qu&rsquo;ils nous imposent et «&nbsp;<em>pointer du doigt leur responsabilité dans la crise climatique et sa non résolution&nbsp;</em>» pour rassembler au-delà du seul mouvement climat.&nbsp;«&nbsp;<em>Fin du monde. Fin du mois. Fin des ultra-riches. Même combat.&nbsp;</em>». Un essai percutant et éclairant, très facile à lire.</p>
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		<title>LES INFILTRES</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/les-infiltres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:03:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, Allary Éditions 2022 «&#160;C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un putsch progressif presque rampant sans effusion de sang mais qui de l&#8217;intérieur a changé la France. Depuis 20 ans les cabinets de conseil se sont installés au cœur de l&#8217;État&#160;». Grands reporters au Nouvel l&#8217;Obs, Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre ont cherché à documenter [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, Allary Éditions 2022</p>



<p>«&nbsp;<em>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un putsch progressif presque rampant sans effusion de sang mais qui de l&rsquo;intérieur a changé la France. Depuis 20 ans les cabinets de conseil se sont installés au cœur de l&rsquo;État&nbsp;</em>». Grands reporters au Nouvel l&rsquo;Obs, Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre ont cherché à documenter précisément cette évolution qui voit l’État dépenser aujourd&rsquo;hui entre 1 et 3 milliards d&rsquo;euros chaque année auprès de cabinets conseils.</p>



<p>Les deux journalistes ont compulsé une masse de documents et rencontré une cinquantaine de personnes (hauts fonctionnaires, parlementaires, sociologues, consultants). Sous couvert d&rsquo;anonymat pour la plupart, «&nbsp;<em>tous nos interlocuteurs nous ont décrit comment la fonction publique a été dépouillée d&rsquo;une partie de ses compétences &#8211; y compris dans les domaines régaliens comme la justice, la police ou l&rsquo;armée &#8211; pour le plus grand bénéfice de sociétés privés le plus souvent américaines&nbsp;».</em></p>



<p>Les différents chapitres illustrent cette infiltration des consultants<em>. </em>On y apprend que <em>«&nbsp;Sans l&rsquo;appui du cabinet américain Mac Kinsey le ministère de la santé aurait été incapable de lancer sa campagne de vaccination contre le coronavirus&nbsp;». </em>On découvre qu&rsquo;en matière de numérique, l’État a perdu le contrôle, ce qui aboutit à des fiascos comme le Système d&rsquo;information et de gestion des ressources humaines du ministère de l&rsquo;éducation nationale (SIRHEN) qui a dû être abandonné après 10 ans et 350 millions d&rsquo;euros payés à des consultants informatiques. L’hôpital n&rsquo;échappe pas à l&rsquo;infiltration des consultants qui appliquent le «&nbsp;lean management&nbsp;» aux services hospitaliers. Au ministère de la Défense, l&rsquo;argent coule à flot pour les entreprises de conseil qui accueillent dans leurs rangs les hauts gradés en fin de carrière. Au ministère de la justice, ce sont des consultants qui sont chargés de faire évoluer la formation des magistrats et de les aider à communiquer. Malgré les recommandations de la Cour des Comptes, «&nbsp;<em>Bercy continue de s&rsquo;appuyer allègrement sur les cabinets de conseil&nbsp;</em>».</p>



<p>Et pour parfaire leur infiltration, les cabinets conseils s&rsquo;installent dans les grandes écoles et dans les think tank. Et aujourd&rsquo;hui à l’Élysée «&nbsp;<em>Emmanuel Macron, c&rsquo;est l&rsquo;idole des consultants&nbsp;! Tout simplement, parce qu&rsquo;il est comme eux&nbsp;</em>» analyse Alain Minc.</p>



<p>Au terme de ce panorama très complet, les auteurs concluent<em>&nbsp;: </em>«&nbsp;<em>Il ne s&rsquo;agit pas de bouter hors de l’État jusqu&rsquo;au dernier des consultants. La priorité consiste à stopper un processus de privatisation larvée afin de bâtir un futur commun. Ministres et hauts fonctionnaires doivent en urgence sur désintoxiquer du consulting, réapprendre à penser par eux-mêmes et cesser d&rsquo;être les faire valoir des grands cabinets américains</em>&nbsp;». Un essai salutaire sur la prise de pouvoir idéologique des consultants, qui promeuvent bien sur la logique de marché, dans tous les domaines de l’État.</p>
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		<title>Newsletter Juillet 26 : Nos vies ne sont pas des marchandises </title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/newsletter-juillet-26-nos-vies-ne-sont-pas-des-marchandises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:01:17 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous n’avons plus une économie de marché : nous sommes devenus une société de marché. Nous avons un mode de vie tel que les marchés et les valeurs marchandes s’insinuent dans le moindre aspect des affaires humaines et que les relations sociales sont réaménagées à l’image du marché, nous dit Michael Sandel dans « Ce [&#8230;]</p>
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<p>Nous n’avons plus une économie de marché : nous sommes devenus une société de marché. Nous avons un mode de vie tel que les marchés et les valeurs marchandes s’insinuent dans le moindre aspect des affaires humaines et que les relations sociales sont réaménagées à l’image du marché, nous dit Michael Sandel dans « Ce que l&rsquo;argent ne saurait acheter&nbsp;». De fait le marché ressemble de plus en plus à une religion, comme l&rsquo;a illustré avec pertinence et humour Stéphane Foucart dans son ouvrage « Des marchés et des dieux ».</p>



<p>Cette « religion » du marché profite clairement aux plus riches qui font tout ce qu&rsquo;ils peuvent pour la maintenir et la développer, y compris dans des domaines qui devraient lui échapper comme la santé, la petite enfance, la mort.</p>



<p>«&nbsp;Les infiltrés&nbsp;» de Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre illustre ainsi comment l&rsquo;infiltration des cabinets de conseil au sein des ministères conduit progressivement à mettre entre les mains du marché (ou des plus riches) des pans entiers de notre vie quotidienne.</p>



<p>Et contrairement à ce que l&rsquo;on pourrait penser, la classe des plus riches a compris que « <em>compte tenu des risques économiques,&nbsp; politiques et sociaux que fait peser la crise climatique sur son patrimoine et son pouvoir, elle a intérêt à agir&nbsp;».</em> Elle promeut ainsi activement en matière d&rsquo;actions climatiques des solutions de marché qui correspondent à ses intérêts. C&rsquo;est l’enquête faite par Édouard Morena dans «&nbsp;Fin du monde et petits fours&nbsp;».</p>



<p>Pourtant&nbsp; «&nbsp;<em>Nos vies ne sont pas des marchandises</em>&nbsp;» nous dit Boris Vallaud dans son ouvrage. «&nbsp;<em>La marchandisation est une construction historique et non une fatalité économique encore moins une loi naturelle</em>&nbsp;». Il est donc temps de reconstruire «&nbsp;<em>un socialisme qui pense ensemble l’entreprise, le travail, la citoyenneté sociale et la richesse à partir de l’utilité sociale, des besoins humains réels et des limites planétaires</em>&nbsp;».<em> &nbsp;</em></p>



<p>S&rsquo;appuyant sur les écrits de Marx à la fin de sa vie, le philosophe Kohei Sato va plus loin dans « Moins&nbsp;» et prône « <em>le communisme de décroissance&#8230; le seul choix qui nous reste pour faire naître une société durable et juste qui permettra à l&rsquo;humanité de surmonter la crise environnementale&nbsp;».</em></p>



<p>En cette période où nous commençons activement à débattre de la société que nous voulons après 2027, c&rsquo;est le moment de réfléchir à la manière de résister à cet envahissement de la logique de marché qui transforme nos vies en marchandises.</p>



<p>Benoit de Guillebon</p>
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		<title>Newsletter Juin 26 : Aqua</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/newsletter-juin-26-aqua/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:41:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où j&#8217;écris ces lignes, nous sommes fin mai et nous vivons une semaine complète de températures proches de 35°C dans le Sud-Ouest. Un pic de chaleur qui laisse présager des problèmes de sécheresse cet été dans de nombreux départements et des risques de conflits pour l&#8217;usage de l&#8217;eau. C&#8217;est autour de l&#8217;eau, de [&#8230;]</p>
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<p>Au moment où j&rsquo;écris ces lignes, nous sommes fin mai et nous vivons une semaine complète de températures proches de 35°C dans le Sud-Ouest. Un pic de chaleur qui laisse présager des problèmes de sécheresse cet été dans de nombreux départements et des risques de conflits pour l&rsquo;usage de l&rsquo;eau.</p>



<p>C&rsquo;est autour de l&rsquo;eau, de sa gestion, de son partage sur un territoire normand que Gaspard Koenig a construit son dernier ouvrage « Aqua », un roman très plaisant à lire qui nous permet réfléchir à la place de l&rsquo;eau en France, tout en faisant une satire sociale de la manière dont se comportent nos élus et nos concitoyens sur le sujet.</p>



<p>Avec une vision plus internationale, David Blanchon nous livre une analyse de la « Géopolitique de l&rsquo;Eau »,&nbsp; des conflits mais aussi des coopérations qu&rsquo;elle génère. Cette analyse est complétée par l&rsquo;ensemble des cartes qu&rsquo;il a rassemblées dans « Atlas mondial de l&rsquo;eau ».</p>



<p>Et si vous voulez vous instruire en vous émerveillant, je vous conseille aussi le beau livre « Eaux, tous les savoirs, toutes les histoires, tous les pouvoirs, tous les espoirs » qui est fait autant pour les grands que pour les petits.</p>



<p>« <em>Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous</em> » disait Thomas Sankara. Cette formule un peu lapidaire traduit le dilemme auquel vont être confrontées toutes les sociétés face à une raréfaction inéluctable de l&rsquo;eau de bonne qualité disponible, raréfaction exacerbée par le changement climatique ou les guerres comme l&rsquo;illustre le cas de l&rsquo;Iran (voir l&rsquo;article de The Conversation)*.</p>



<p>Alors sachons avoir une approche systémique et bien intégrer que l&rsquo;eau est au cœur de la plupart des enjeux de notre vie humaine : énergie, alimentation, santé&#8230; Et qu&rsquo;il nous faut inventer une nouvelle « culture de l&rsquo;eau », faisant appel à de la diversité dans les solutions, de la progressivité dans la mise en œuvre et surtout de la solidarité.</p>



<p>Benoit de Guillebon</p>



<p>* <a href="https://theconversation.com/iran-une-civilisation-hydraulique-millenaire-face-a-la-crise-de-leau-278441">https://theconversation.com/iran-une-civilisation-hydraulique-millenaire-face-a-la-crise-de-leau-278441</a></p>
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		<title>ATLAS MONDIAL DE L&#8217;EAU</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/atlas-mondial-de-leau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:40:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>David Blanchon, Éditions Autrement, 2022 « Le problème de l&#8217;eau se pose en termes simples : plus de 600 millions d’habitants n&#8217;ont pas accès à l&#8217;eau potable dans le monde ; 40% de la production agricole mondiale dépend de l&#8217;agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques jouent un rôle indispensable dans les processus naturels mais sont aussi [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>David Blanchon, Éditions Autrement, 2022</p>



<p>« <em>Le problème de l&rsquo;eau se pose en termes simples : plus de 600 millions d’habitants n&rsquo;ont pas accès à l&rsquo;eau potable dans le monde ; 40% de la production agricole mondiale dépend de l&rsquo;agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques jouent un rôle indispensable dans les processus naturels mais sont aussi parmi les plus fragiles</em>« . A travers une centaine de cartes, de graphiques et d&rsquo;images, David Blanchon nous « donne à voir » les enjeux de l&rsquo;eau dans cet atlas très pédagogique.</p>



<p>L&rsquo;ouvrage est structuré autour de 5 grandes parties : Une ressource irremplaçable / Mobiliser et utiliser l&rsquo;eau / Une ressource menacée / De l&rsquo;eau pour tous ? / Quels défis pour le 21e siècle ?</p>



<p>Au terme de cette revue des enjeux, l&rsquo;auteur conclut le fait qu&rsquo;il y a des progrès techniques porteurs d&rsquo;espoir, mais aussi des carences politiques dramatiques. « <em>Les principaux obstacles à la résolution des problèmes de l’eau ne sont pas d&rsquo;ordre technique : ils proviennent essentiellement de modes de gestion inadaptés et recoupent les inégalités spatiales préexistantes. Plus de 3 milliards de personnes n&rsquo;ont pas un accès satisfaisant à l&rsquo;eau potable. Ce n&rsquo;est pas à cause d&rsquo;une pénurie d&rsquo;eau ou de difficultés techniques mais bien parce qu&rsquo;il y a de graves carences politiques tant au niveau local qu&rsquo;au niveau global. L&rsquo;eau est loin d&rsquo;être une priorité malgré de nombreuses déclarations de principe ».</em></p>



<p>Un ouvrage à lire en même temps que « <a href="https://www.chedd.apesa.fr/geopolitique-de-leau/">Géopolitique de l&rsquo;Eau</a> » du même auteur.</p>



<p></p>
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		<title>GEOPOLITIQUE DE L&#8217;EAU</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/geopolitique-de-leau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>David Blanchon, Éditions Le cavalier bleu, 2024 « L&#8217;eau est devenue un enjeu géopolitique de sécurité primordial au cours du 21e siècle. Il semble acquis que la demande en eau augmentera et que les ressources seront fragilisées par le changement climatique« . Il y aura donc bien des crises de l&#8217;eau, mais elles ne conduiront pas forcément [&#8230;]</p>
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<p>David Blanchon, Éditions Le cavalier bleu, 2024</p>



<p>« <em>L&rsquo;eau est devenue un enjeu géopolitique de sécurité primordial au cours du 21e siècle. Il semble acquis que la demande en eau augmentera et que les ressources seront fragilisées par le changement climatique</em>« . Il y aura donc bien des crises de l&rsquo;eau, mais elles ne conduiront pas forcément à des conflits et pourront déboucher sur des coopérations comme c&rsquo;est déjà le cas. « <em>Il est peu probable que les guerres de l&rsquo;eau soient courantes au 21e siècle. Pour autant l&rsquo;eau restera une source de rivalité majeure et ce à différentes échelles</em>« . Tel est en substance le message de David Blanchon, Professeur de Géographie dans ce petit ouvrage très pédagogique de 130 pages.</p>



<p>Notons tout de suite que vu son format réduit cet ouvrage ne peut pas approfondir tous les concepts. Pour cela il est très utile de pouvoir disposer en parallèle de l&rsquo;Atlas Mondial de l&rsquo;Eau préparé par le même auteur où l&rsquo;on retrouve détaillés et illustrées graphiquement beaucoup des idées.</p>



<p>C&rsquo;est le cas pour les définitions de ce qu&rsquo;est la ressource en eau, pour les indicateurs utilisés pour comprendre la pénurie, sur l&rsquo;impact du changement climatique</p>



<p>Pour nous aider à comprendre la manière dont les enjeux de l’eau rejoignent les autres enjeux, l&rsquo;auteur nous fait découvrir les notions de nexus et de cycle hydrosocial. Le mot nexus fait référence à des relations « inextricables » entre différents sujets. On parle ainsi du nexus « eau – énergie &#8211; alimentation », du nexus « eau &#8211; assainissement &#8211; santé » ou du nexus « eau &#8211; climat &#8211; environnement » pour bien marquer l&rsquo;aspect systémique et le fait que les sujets sont indissociables.</p>



<p>Le terme « cycle hydrosocial » traduit le fait que « <em>la société et l&rsquo;eau sont dans une relation dialectique, et lorsque l&rsquo;on modifie la gestion de l&rsquo;eau c&rsquo;est toute la société qui est transformée et vice versa</em>« .</p>



<p>Une fois ces bases posées, l&rsquo;auteur balaye les grands sujets géopolitiques autour de l&rsquo;eau à commencer par les ressources qui traversent les frontières que ce soit les grands fleuves ou les aquifères transfrontaliers. « <em>Il se trouve de petits bassins avec de complexes d&rsquo;enjeux géopolitiques,&nbsp; alors que des très grands bassins sont relativement paisibles, l&rsquo;Amazone étant le cas le plus marquant</em>« . Chaque cas doit donc être analysé en fonction du « <em>risque hydropolitique</em> » qu&rsquo;il représente et de la manière dont certains pays peuvent exercer leur « <em>puissance hydro-hégémonique</em> » et contrôler la ressource pour les pays en aval en mettant à risque « <em>leur sécurité hydrique</em>« .</p>



<p>L&rsquo;auteur illustre ensuite ces concepts à travers l&rsquo;exemple des grandes puissances : États Unis et sa main mise sur le Colorado ou création de la Tennessee Valley Authority, Chine et son contrôle de toutes les eaux qui descendent des hauts plateaux du Tibet.</p>



<p>Il nous emmène ensuite au Proche et Moyen Orient ou « <em>si on se bat parfois pour l&rsquo;eau, on se bat le plus souvent avec l&rsquo;eau utilisée comme moyen… et qui pourrait devenir un excellent facteur de coopération</em>« .&nbsp; Et pour finir en Afrique Australe ou « <em>l&rsquo;eau coule vers l&rsquo;argent et le pouvoir</em>« .</p>



<p>Au terme de ce rapide tour des grands enjeux géopolitiques autour de l&rsquo;eau, David Blanchon conclut avec trois scénarios pour 2050 et nous partage sa conviction qu&rsquo;une « nouvelle culture de l&rsquo;eau » reposera sur trois piliers : la diversité, la progressivité et la solidarité.</p>



<p>Un petit livre qui résume bien les enjeux, avec des exemples pertinents, mais où l&rsquo;on sent que le format imposé de 130 pages n&rsquo;a pas permis à l&rsquo;auteur de développer ses idées complètement. C&rsquo;est toutefois une excellente introduction au sujet.</p>
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		<title>EAUX, TOUS LES SAVOIRS, TOUTES LES HISTOIRES, TOUS LES POUVOIRS, TOUS LES ESPOIRS</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/eaux-tous-les-savoirs-toutes-les-histoires-tous-les-pouvoirs-tous-les-espoirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:37:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Florence Thinard, Caroline Carissoni, Jean Baptiste de Panafieu, Éditions Plume de Carotte et Terre vivante, 2023 Une fois n&#8217;est pas coutume, c&#8217;est un livre conçu pour enfants et adolescents que je vous propose pour découvrir le sujet de l&#8217;eau (ou des eaux). Un très beau livre qui réussit bien à nous partager « tous les savoirs, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Florence Thinard, Caroline Carissoni, Jean Baptiste de Panafieu, Éditions Plume de Carotte et Terre vivante, 2023</p>



<p>Une fois n&rsquo;est pas coutume, c&rsquo;est un livre conçu pour enfants et adolescents que je vous propose pour découvrir le sujet de l&rsquo;eau (ou des eaux). Un très beau livre qui réussit bien à nous partager « <em>tous les savoirs, histoires, pouvoirs et espoirs</em> » autour de l&rsquo;eau. Un livre dans lequel on picore des petits textes très pertinents, on s&rsquo;extasie devant les superbes images et on apprend finalement beaucoup sur l&rsquo;eau.</p>



<p>Pour vous donner un avant-goût de ce que vous pourrez trouver dans l&rsquo;ouvrage : l&rsquo;itinéraire d&rsquo;une goutte d&rsquo;eau en photos, le cycle de l&rsquo;eau illustré, la raréfaction de l&rsquo;eau, la confrontation entre eau douce et eau salée, l&rsquo;histoire des grands fleuves, mais aussi toutes les histoires autour de l&rsquo;eau, l&rsquo;impact de l&rsquo;homme sur l&rsquo;eau (« eaux sanitaires , l&rsquo;or et la merdre »), la géopolitique de l&rsquo;eau&#8230;</p>



<p>Et en première page le sketch de Bourvil sur l&rsquo;eau ferrugineuse « l&rsquo;alcool non, mais l&rsquo;eau ferrugineuse oui ». Bonne lecture.</p>
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		<title>AQUA</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/aqua/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:35:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gaspard Koenig, Éditions de l&#8217;Observatoire, 2026 Avec Humus, Gaspard Koenig avait démarré par la Terre une série d&#8217;explorations romanesque des 4 éléments. Avec Aqua, il continue avec l’élément indispensable à la vie qu&#8217;est l&#8217;eau. Il utilise le cas concret d&#8217;un petit village normand qui doit faire face à une « crise de l&#8217;eau » pour nous faire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Gaspard Koenig, Éditions de l&rsquo;Observatoire, 2026</p>



<p>Avec Humus, Gaspard Koenig avait démarré par la Terre une série d&rsquo;explorations romanesque des 4 éléments. Avec Aqua, il continue avec l’élément indispensable à la vie qu&rsquo;est l&rsquo;eau. Il utilise le cas concret d&rsquo;un petit village normand qui doit faire face à une « crise de l&rsquo;eau » pour nous faire réfléchir à la place de l&rsquo;eau dans notre monde et nous livrer une satire sociale sur la manière dont se comportent nos élus et nos concitoyens.</p>



<p>L&rsquo;action se passe à Saint Firmin, petit village dont l&rsquo;approvisionnement en eau a toujours été assuré par une source. Martin Jobard, haut fonctionnaire responsable de la politique de l&rsquo;eau au ministère, mais aussi neveu du maire sortant de Saint Firmin revient au pays pour briguer la mairie, persuadé que son projet de moderniser le réseau d&rsquo;eau potable fera l&rsquo;unanimité. Il trouve en face de lui Maria, roumaine venue faire une thèse en sociologie en France et qui, ne trouvant pas de travail correspondant à ses compétences, est venue s&rsquo;installer à Saint Firmin avec son compagnon Laurent pour créer une épicerie solidaire. C&rsquo;est Maria qui emporte finalement la mairie et, contre l&rsquo;avis du ministère et de la préfecture, refuse la proposition de modernisation du réseau d&rsquo;eau potable proposé par la communauté de communes, préférant garder sa source. Arrivent plusieurs années de sécheresse, qui créent une vraie crise de l&rsquo;eau à Saint Firmin car la source se tarit.</p>



<p>La suite de l&rsquo;histoire, je vous la laisse découvrir, une histoire dans laquelle on retrouve à coté de Martin et Maria, des personnages très typés : le père Jobard, gros agriculteur qui a été maire pendant longtemps et a un peu confondu ses intérêts et ceux de sa commune, Mathieu l&rsquo;éleveur taciturne, Liliane la secrétaire de mairie qui a du mal à accepter la nouvelle maire, Léa la naturopathe qui soigne les habitants du village, Salim qui se met en mode survivaliste en accumulant stocks de médicaments et de nourriture, Nathalie la préfète ancienne amoureuse de Martin&#8230;</p>



<p>Après le temps de la crise, Gaspard Koenig nous propose une piste de solution. Martin se retrouve finalement à la tête de la mairie de Saint Firmin et après avoir lu « Governing the communs » du prix Nobel d’économie Elinor Ostrom (l&rsquo;auteur en profite pour nous en faire un résumé), il se lance dans une démarche pour rassembler tous ses administrés, même les plus réfractaires, dans une démarche collective autour d&rsquo;un commun : l&rsquo;eau. A la fois un roman qui se lit d&rsquo;une traite, mais aussi une occasion pour l&rsquo;auteur de nous partager des constats sur l&rsquo;eau et des éléments historiques et économiques. Une belle opportunité de mieux comprendre l&rsquo;organisation autour de l&rsquo;eau en France tout en passant un excellent moment de lecture.</p>
<p>L’article <a href="https://www.chedd.apesa.fr/aqua/">AQUA</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.chedd.apesa.fr">Chedd</a>.</p>
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