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		<title>Newsletter Juin 26 : Aqua</title>
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		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:41:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où j&#8217;écris ces lignes, nous sommes fin mai et nous vivons une semaine complète de températures proches de 35°C dans le Sud-Ouest. Un pic de chaleur qui laisse présager des problèmes de sécheresse cet été dans de nombreux départements et des risques de conflits pour l&#8217;usage de l&#8217;eau. C&#8217;est autour de l&#8217;eau, de [&#8230;]</p>
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<p>Au moment où j&rsquo;écris ces lignes, nous sommes fin mai et nous vivons une semaine complète de températures proches de 35°C dans le Sud-Ouest. Un pic de chaleur qui laisse présager des problèmes de sécheresse cet été dans de nombreux départements et des risques de conflits pour l&rsquo;usage de l&rsquo;eau.</p>



<p>C&rsquo;est autour de l&rsquo;eau, de sa gestion, de son partage sur un territoire normand que Gaspard Koenig a construit son dernier ouvrage « Aqua », un roman très plaisant à lire qui nous permet réfléchir à la place de l&rsquo;eau en France, tout en faisant une satire sociale de la manière dont se comportent nos élus et nos concitoyens sur le sujet.</p>



<p>Avec une vision plus internationale, David Blanchon nous livre une analyse de la « Géopolitique de l&rsquo;Eau »,&nbsp; des conflits mais aussi des coopérations qu&rsquo;elle génère. Cette analyse est complétée par l&rsquo;ensemble des cartes qu&rsquo;il a rassemblées dans « Atlas mondial de l&rsquo;eau ».</p>



<p>Et si vous voulez vous instruire en vous émerveillant, je vous conseille aussi le beau livre « Eaux, tous les savoirs, toutes les histoires, tous les pouvoirs, tous les espoirs » qui est fait autant pour les grands que pour les petits.</p>



<p>« <em>Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous</em> » disait Thomas Sankara. Cette formule un peu lapidaire traduit le dilemme auquel vont être confrontées toutes les sociétés face à une raréfaction inéluctable de l&rsquo;eau de bonne qualité disponible, raréfaction exacerbée par le changement climatique ou les guerres comme l&rsquo;illustre le cas de l&rsquo;Iran (voir l&rsquo;article de The Conversation)*.</p>



<p>Alors sachons avoir une approche systémique et bien intégrer que l&rsquo;eau est au cœur de la plupart des enjeux de notre vie humaine : énergie, alimentation, santé&#8230; Et qu&rsquo;il nous faut inventer une nouvelle « culture de l&rsquo;eau », faisant appel à de la diversité dans les solutions, de la progressivité dans la mise en œuvre et surtout de la solidarité.</p>



<p>Benoit de Guillebon</p>



<p>* <a href="https://theconversation.com/iran-une-civilisation-hydraulique-millenaire-face-a-la-crise-de-leau-278441">https://theconversation.com/iran-une-civilisation-hydraulique-millenaire-face-a-la-crise-de-leau-278441</a></p>
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		<title>ATLAS MONDIAL DE L&#8217;EAU</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/atlas-mondial-de-leau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:40:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>David Blanchon, Éditions Autrement, 2022 « Le problème de l&#8217;eau se pose en termes simples : plus de 600 millions d’habitants n&#8217;ont pas accès à l&#8217;eau potable dans le monde ; 40% de la production agricole mondiale dépend de l&#8217;agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques jouent un rôle indispensable dans les processus naturels mais sont aussi [&#8230;]</p>
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<p>David Blanchon, Éditions Autrement, 2022</p>



<p>« <em>Le problème de l&rsquo;eau se pose en termes simples : plus de 600 millions d’habitants n&rsquo;ont pas accès à l&rsquo;eau potable dans le monde ; 40% de la production agricole mondiale dépend de l&rsquo;agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques jouent un rôle indispensable dans les processus naturels mais sont aussi parmi les plus fragiles</em>« . A travers une centaine de cartes, de graphiques et d&rsquo;images, David Blanchon nous « donne à voir » les enjeux de l&rsquo;eau dans cet atlas très pédagogique.</p>



<p>L&rsquo;ouvrage est structuré autour de 5 grandes parties : Une ressource irremplaçable / Mobiliser et utiliser l&rsquo;eau / Une ressource menacée / De l&rsquo;eau pour tous ? / Quels défis pour le 21e siècle ?</p>



<p>Au terme de cette revue des enjeux, l&rsquo;auteur conclut le fait qu&rsquo;il y a des progrès techniques porteurs d&rsquo;espoir, mais aussi des carences politiques dramatiques. « <em>Les principaux obstacles à la résolution des problèmes de l’eau ne sont pas d&rsquo;ordre technique : ils proviennent essentiellement de modes de gestion inadaptés et recoupent les inégalités spatiales préexistantes. Plus de 3 milliards de personnes n&rsquo;ont pas un accès satisfaisant à l&rsquo;eau potable. Ce n&rsquo;est pas à cause d&rsquo;une pénurie d&rsquo;eau ou de difficultés techniques mais bien parce qu&rsquo;il y a de graves carences politiques tant au niveau local qu&rsquo;au niveau global. L&rsquo;eau est loin d&rsquo;être une priorité malgré de nombreuses déclarations de principe ».</em></p>



<p>Un ouvrage à lire en même temps que « <a href="https://www.chedd.apesa.fr/geopolitique-de-leau/">Géopolitique de l&rsquo;Eau</a> » du même auteur.</p>



<p></p>
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		<title>GEOPOLITIQUE DE L&#8217;EAU</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/geopolitique-de-leau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:38:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>David Blanchon, Éditions Le cavalier bleu, 2024 « L&#8217;eau est devenue un enjeu géopolitique de sécurité primordial au cours du 21e siècle. Il semble acquis que la demande en eau augmentera et que les ressources seront fragilisées par le changement climatique« . Il y aura donc bien des crises de l&#8217;eau, mais elles ne conduiront pas forcément [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>David Blanchon, Éditions Le cavalier bleu, 2024</p>



<p>« <em>L&rsquo;eau est devenue un enjeu géopolitique de sécurité primordial au cours du 21e siècle. Il semble acquis que la demande en eau augmentera et que les ressources seront fragilisées par le changement climatique</em>« . Il y aura donc bien des crises de l&rsquo;eau, mais elles ne conduiront pas forcément à des conflits et pourront déboucher sur des coopérations comme c&rsquo;est déjà le cas. « <em>Il est peu probable que les guerres de l&rsquo;eau soient courantes au 21e siècle. Pour autant l&rsquo;eau restera une source de rivalité majeure et ce à différentes échelles</em>« . Tel est en substance le message de David Blanchon, Professeur de Géographie dans ce petit ouvrage très pédagogique de 130 pages.</p>



<p>Notons tout de suite que vu son format réduit cet ouvrage ne peut pas approfondir tous les concepts. Pour cela il est très utile de pouvoir disposer en parallèle de l&rsquo;Atlas Mondial de l&rsquo;Eau préparé par le même auteur où l&rsquo;on retrouve détaillés et illustrées graphiquement beaucoup des idées.</p>



<p>C&rsquo;est le cas pour les définitions de ce qu&rsquo;est la ressource en eau, pour les indicateurs utilisés pour comprendre la pénurie, sur l&rsquo;impact du changement climatique</p>



<p>Pour nous aider à comprendre la manière dont les enjeux de l’eau rejoignent les autres enjeux, l&rsquo;auteur nous fait découvrir les notions de nexus et de cycle hydrosocial. Le mot nexus fait référence à des relations « inextricables » entre différents sujets. On parle ainsi du nexus « eau – énergie &#8211; alimentation », du nexus « eau &#8211; assainissement &#8211; santé » ou du nexus « eau &#8211; climat &#8211; environnement » pour bien marquer l&rsquo;aspect systémique et le fait que les sujets sont indissociables.</p>



<p>Le terme « cycle hydrosocial » traduit le fait que « <em>la société et l&rsquo;eau sont dans une relation dialectique, et lorsque l&rsquo;on modifie la gestion de l&rsquo;eau c&rsquo;est toute la société qui est transformée et vice versa</em>« .</p>



<p>Une fois ces bases posées, l&rsquo;auteur balaye les grands sujets géopolitiques autour de l&rsquo;eau à commencer par les ressources qui traversent les frontières que ce soit les grands fleuves ou les aquifères transfrontaliers. « <em>Il se trouve de petits bassins avec de complexes d&rsquo;enjeux géopolitiques,&nbsp; alors que des très grands bassins sont relativement paisibles, l&rsquo;Amazone étant le cas le plus marquant</em>« . Chaque cas doit donc être analysé en fonction du « <em>risque hydropolitique</em> » qu&rsquo;il représente et de la manière dont certains pays peuvent exercer leur « <em>puissance hydro-hégémonique</em> » et contrôler la ressource pour les pays en aval en mettant à risque « <em>leur sécurité hydrique</em>« .</p>



<p>L&rsquo;auteur illustre ensuite ces concepts à travers l&rsquo;exemple des grandes puissances : États Unis et sa main mise sur le Colorado ou création de la Tennessee Valley Authority, Chine et son contrôle de toutes les eaux qui descendent des hauts plateaux du Tibet.</p>



<p>Il nous emmène ensuite au Proche et Moyen Orient ou « <em>si on se bat parfois pour l&rsquo;eau, on se bat le plus souvent avec l&rsquo;eau utilisée comme moyen… et qui pourrait devenir un excellent facteur de coopération</em>« .&nbsp; Et pour finir en Afrique Australe ou « <em>l&rsquo;eau coule vers l&rsquo;argent et le pouvoir</em>« .</p>



<p>Au terme de ce rapide tour des grands enjeux géopolitiques autour de l&rsquo;eau, David Blanchon conclut avec trois scénarios pour 2050 et nous partage sa conviction qu&rsquo;une « nouvelle culture de l&rsquo;eau » reposera sur trois piliers : la diversité, la progressivité et la solidarité.</p>



<p>Un petit livre qui résume bien les enjeux, avec des exemples pertinents, mais où l&rsquo;on sent que le format imposé de 130 pages n&rsquo;a pas permis à l&rsquo;auteur de développer ses idées complètement. C&rsquo;est toutefois une excellente introduction au sujet.</p>
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		<title>EAUX, TOUS LES SAVOIRS, TOUTES LES HISTOIRES, TOUS LES POUVOIRS, TOUS LES ESPOIRS</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/eaux-tous-les-savoirs-toutes-les-histoires-tous-les-pouvoirs-tous-les-espoirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:37:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Florence Thinard, Caroline Carissoni, Jean Baptiste de Panafieu, Éditions Plume de Carotte et Terre vivante, 2023 Une fois n&#8217;est pas coutume, c&#8217;est un livre conçu pour enfants et adolescents que je vous propose pour découvrir le sujet de l&#8217;eau (ou des eaux). Un très beau livre qui réussit bien à nous partager « tous les savoirs, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Florence Thinard, Caroline Carissoni, Jean Baptiste de Panafieu, Éditions Plume de Carotte et Terre vivante, 2023</p>



<p>Une fois n&rsquo;est pas coutume, c&rsquo;est un livre conçu pour enfants et adolescents que je vous propose pour découvrir le sujet de l&rsquo;eau (ou des eaux). Un très beau livre qui réussit bien à nous partager « <em>tous les savoirs, histoires, pouvoirs et espoirs</em> » autour de l&rsquo;eau. Un livre dans lequel on picore des petits textes très pertinents, on s&rsquo;extasie devant les superbes images et on apprend finalement beaucoup sur l&rsquo;eau.</p>



<p>Pour vous donner un avant-goût de ce que vous pourrez trouver dans l&rsquo;ouvrage : l&rsquo;itinéraire d&rsquo;une goutte d&rsquo;eau en photos, le cycle de l&rsquo;eau illustré, la raréfaction de l&rsquo;eau, la confrontation entre eau douce et eau salée, l&rsquo;histoire des grands fleuves, mais aussi toutes les histoires autour de l&rsquo;eau, l&rsquo;impact de l&rsquo;homme sur l&rsquo;eau (« eaux sanitaires , l&rsquo;or et la merdre »), la géopolitique de l&rsquo;eau&#8230;</p>



<p>Et en première page le sketch de Bourvil sur l&rsquo;eau ferrugineuse « l&rsquo;alcool non, mais l&rsquo;eau ferrugineuse oui ». Bonne lecture.</p>
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		<title>AQUA</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/aqua/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:35:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gaspard Koenig, Éditions de l&#8217;Observatoire, 2026 Avec Humus, Gaspard Koenig avait démarré par la Terre une série d&#8217;explorations romanesque des 4 éléments. Avec Aqua, il continue avec l’élément indispensable à la vie qu&#8217;est l&#8217;eau. Il utilise le cas concret d&#8217;un petit village normand qui doit faire face à une « crise de l&#8217;eau » pour nous faire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Gaspard Koenig, Éditions de l&rsquo;Observatoire, 2026</p>



<p>Avec Humus, Gaspard Koenig avait démarré par la Terre une série d&rsquo;explorations romanesque des 4 éléments. Avec Aqua, il continue avec l’élément indispensable à la vie qu&rsquo;est l&rsquo;eau. Il utilise le cas concret d&rsquo;un petit village normand qui doit faire face à une « crise de l&rsquo;eau » pour nous faire réfléchir à la place de l&rsquo;eau dans notre monde et nous livrer une satire sociale sur la manière dont se comportent nos élus et nos concitoyens.</p>



<p>L&rsquo;action se passe à Saint Firmin, petit village dont l&rsquo;approvisionnement en eau a toujours été assuré par une source. Martin Jobard, haut fonctionnaire responsable de la politique de l&rsquo;eau au ministère, mais aussi neveu du maire sortant de Saint Firmin revient au pays pour briguer la mairie, persuadé que son projet de moderniser le réseau d&rsquo;eau potable fera l&rsquo;unanimité. Il trouve en face de lui Maria, roumaine venue faire une thèse en sociologie en France et qui, ne trouvant pas de travail correspondant à ses compétences, est venue s&rsquo;installer à Saint Firmin avec son compagnon Laurent pour créer une épicerie solidaire. C&rsquo;est Maria qui emporte finalement la mairie et, contre l&rsquo;avis du ministère et de la préfecture, refuse la proposition de modernisation du réseau d&rsquo;eau potable proposé par la communauté de communes, préférant garder sa source. Arrivent plusieurs années de sécheresse, qui créent une vraie crise de l&rsquo;eau à Saint Firmin car la source se tarit.</p>



<p>La suite de l&rsquo;histoire, je vous la laisse découvrir, une histoire dans laquelle on retrouve à coté de Martin et Maria, des personnages très typés : le père Jobard, gros agriculteur qui a été maire pendant longtemps et a un peu confondu ses intérêts et ceux de sa commune, Mathieu l&rsquo;éleveur taciturne, Liliane la secrétaire de mairie qui a du mal à accepter la nouvelle maire, Léa la naturopathe qui soigne les habitants du village, Salim qui se met en mode survivaliste en accumulant stocks de médicaments et de nourriture, Nathalie la préfète ancienne amoureuse de Martin&#8230;</p>



<p>Après le temps de la crise, Gaspard Koenig nous propose une piste de solution. Martin se retrouve finalement à la tête de la mairie de Saint Firmin et après avoir lu « Governing the communs » du prix Nobel d’économie Elinor Ostrom (l&rsquo;auteur en profite pour nous en faire un résumé), il se lance dans une démarche pour rassembler tous ses administrés, même les plus réfractaires, dans une démarche collective autour d&rsquo;un commun : l&rsquo;eau. A la fois un roman qui se lit d&rsquo;une traite, mais aussi une occasion pour l&rsquo;auteur de nous partager des constats sur l&rsquo;eau et des éléments historiques et économiques. Une belle opportunité de mieux comprendre l&rsquo;organisation autour de l&rsquo;eau en France tout en passant un excellent moment de lecture.</p>
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		<title>LES VIPERES NE TOMBENT PAS DU CIEL</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/les-viperes-ne-tombent-pas-du-ciel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 08:47:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Eric Aeschimann, Éditions Les liens qui Libèrent, 2025 «&#160;En 2020, Bruno Latour avait fait rire les auditeurs de France Inter en observant que l&#8217;écologie réussissait l&#8217;exploit de paniquer les gens tout en les faisant bailler d&#8217;ennuis. Eh bien, ce n&#8217;est plus vrai&#160;: elle irrite, elle met en colère, elle déclenche des passions&#160;». Avec comme sous-titre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Eric Aeschimann, Éditions Les liens qui Libèrent, 2025</p>



<p>«&nbsp;<em>En 2020, Bruno Latour avait fait rire les auditeurs de France Inter en observant que l&rsquo;écologie réussissait l&rsquo;exploit de paniquer les gens tout en les faisant bailler d&rsquo;ennuis. Eh bien, ce n&rsquo;est plus vrai&nbsp;: elle irrite, elle met en colère, elle déclenche des passions&nbsp;». </em>Avec comme sous-titre « l’écologie au défi des classes populaires&nbsp;», l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Eric Aeschimann, journaliste écrivant sur l&rsquo;écologie, écologiste convaincu lui-même, a pour objectif de tenter de comprendre «&nbsp;<em>La poussée actuelle de l’écolo phobie, en analyser les causes sans dissimuler la part de responsabilité des écologistes et en tirer la leçon&nbsp;</em>».</p>



<p>Le premier chapitre concerne les mesures écologiques technocratiques qui ont été proposées ou mises en œuvre ces dernières années. L&rsquo;auteur commence par les Zones à Faibles Émissions (ZFE), une démarche mal expliquée et injuste pour les plus pauvres qui a conduit à un fiasco. «&nbsp;<em>On l&rsquo;avait déjà vu avec la crise des gilets jaunes&nbsp;: le prix politique d&rsquo;une mesure technocratique mal ajustée peut être terrible</em>&nbsp;». Il y a aussi des solutions écologiques qui ne sont pas « conviviales&nbsp;» au sens d&rsquo;André Gorz ou Ivan Illich&nbsp;: c&rsquo;est le cas de la pompe à chaleur. «&nbsp;<em>Une technique dont nous ignorons tout, qui nous est entièrement étrangère comme une boîte noire sur laquelle vient buter notre perception du monde</em>&nbsp;». Il y a enfin la « tentation scientiste&nbsp;» de l&rsquo;écologie, qui s&rsquo;appuie sur la science pour affirmer de manière péremptoire ses solutions, renvoyant sans le vouloir « le<em> message qu&rsquo;en matière d&rsquo;écologie, les non spécialistes, les incompétents n&rsquo;ont pas le droit à la parole&nbsp;</em>». Pour finir sur une note positive, l&rsquo;auteur nous raconte la prime «&nbsp;réhabilitation&nbsp;» mise en place à Lille pour soutenir les particuliers qui réalisent eux-mêmes l&rsquo;isolation thermique de leur logement. Un cas intéressant d&#8217;empouvoirement des habitants.</p>



<p>Le deuxième chapitre s&rsquo;intéresse aux « petits gestes&nbsp;». Le chapitre commence par l&rsquo;histoire du remplacement avec force publicité des bouteilles de verre consignées par des canettes en métal, suivie de l&rsquo;encouragement, toujours avec force publicité à ne pas jeter les canettes. «<em>&nbsp;D&rsquo;un côté incontestablement les petits gestes sont bons pour la nature… et d&rsquo;un autre côté cette même logique des petits gestes dévoile ici sa limite et son absurdité, ils servent à décharger les industriels de leurs responsabilités </em>». Le discours des petits gestes est un discours culpabilisant, qui renvoie à l&rsquo;idée religieuse de péché originel. «&nbsp;<em>Une parole de classe qui descend des gens éduqués vers le bon peuple&#8230; voilà le piège de l&rsquo;écologie moralisatrice</em>&nbsp;». Or contrairement à ce que suggère certains neurobiologistes, « <em>Il n&rsquo;existe pas de désir spontané, naturel, génétique, de polluer</em>&nbsp;»&nbsp;; il faut plutôt regarder du côté du système capitaliste qui a construit le désir de consommer brique par brique à grand renfort de publicité.</p>



<p>Et que viennent faire les vipères dans tout ça&nbsp;? A l&rsquo;été 1976, une rumeur absurde a vu le jour&nbsp;: les écologistes organiseraient des lâchers de vipères par avion ou par hélicoptère. Partant d&rsquo;une réalité, la loi de 1976 de protection des espèces menacées dont la vipère faisait partie, s&rsquo;est construit un mythe qui traduisait l&rsquo;angoisse d&rsquo;une fraction de la population (en particulier le milieu paysan) face à des réglementations environnementales qu&rsquo;elle ne comprenait pas&nbsp;; « loin<em> d&rsquo;associer [le discours écologique] a un aspect positif, ils le perçoivent comme une menace</em>&nbsp;».</p>



<p>L&rsquo;écologie est désormais un enjeu de confrontation sociale&nbsp;: « <em>D’un côté la bourgeoisie intellectuelle fait de l&rsquo;écologie un marqueur de classe, un art de vivre, un signe de distinction (alors même que son mode de vie est loin d&rsquo;être écolo), de l’autre, en miroir,&nbsp; les classes populaires, dont le bilan carbone est moins élevé, perçoivent ces injonctions à moins consommer comme un jugement moral, une privation de plaisir voire une offense symbolique ». </em>Si les classes populaires refusent les injonctions environnementales quand elles rentrent en conflit avec leurs budgets serrés ou leurs modes de vie, il en a d&rsquo;autres qui refusent ces injonctions pour une tout autre raison. Ce sont les possédants pour qui « <em>Tout ce qui restreint la possibilité de polluer, réduit la possibilité de faire des profits&nbsp;</em>». Profitant du rejet des classes populaires et utilisant tous les réseaux que leur donne leur pouvoir, ils mènent contre l&rsquo;écologie une véritable campagne de diffamation.</p>



<p>Quand on analyse l&rsquo;impact CO2 des uns et des autres, il y a certes une différence majeure entre les classes populaires et les plus riches, mais «&nbsp;<em>obliger les milliardaires à adopter des modes de transport et des loisirs qui les ramènent au niveau des émissions de la moyenne des Français serait une satisfaction en termes de justice sociale mais ne constituerait qu&rsquo;une petite partie du chemin à parcourir en termes de bilan carbone&nbsp;</em>». Il faut donc sortir de la réflexion autour du mode de vie et analyser les émissions de CO2 en termes de propriété et de pouvoir de décision. Cela conduit l&rsquo;auteur à faire la proposition de «&nbsp;recoder l&rsquo;écologie&nbsp;». « <em>Jusqu’ici l&rsquo;écologie dominante d&rsquo;inspiration technocratique et moralisatrice a interprété le monde en termes de comportements individuels et de modes de vie choisis. Désormais elle doit le considérer en termes de production économique et de système sociotechnique imposé c&rsquo;est à dire en termes de pouvoir et de classe sociale. C&rsquo;est à ce prix qu&rsquo;elle deviendra une écologie égalitaire et émancipatrice&nbsp;».</em></p>



<p>Cela conduit l&rsquo;écologie à s’intéresser d&rsquo;abord aux aspects sociaux&nbsp;: l&rsquo;auteur fait ainsi le postulat que « <em>si l&rsquo;on admet qu&rsquo;un supplément d&rsquo;inégalité sociale entraîne plus de destruction de la nature alors on doit admettre qu&rsquo;un supplément d&rsquo;égalité sociale provoquera plus de protection de nature&nbsp;».</em></p>



<p>Dans la dernière partie, l&rsquo;auteur trace les grandes lignes d&rsquo;un programme d&rsquo;action pour les écologistes&nbsp;: «&nbsp;<em>Plutôt que de faire pression sur l&rsquo;État pour le contraindre à prendre des mesures technocratiques tout en s&rsquo;adressant au grand public sur un registre moralisateur</em>&nbsp;», il propose de «&nbsp;<em>passer à une stratégie directe de conquête électorale du pouvoir</em>&nbsp;», pour travailler à réduire l&rsquo;influence du capitalisme et démarchandiser progressivement l&rsquo;économie de façon à ce que l&rsquo;écologie égalitaire cesse «&nbsp;<em>d&rsquo;apparaître aux classes populaires comme l&rsquo;apanage de la bourgeoisie culturelle&nbsp;</em>».</p>



<p>Une analyse très pertinente du backlash écologique actuel et de la manière d&rsquo;en sortir. Un ouvrage très documenté tant en exemples concrets qu&rsquo;en références à des auteurs très divers tout en restant très facile à lire.&nbsp;</p>
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		<title>LES PINGOUINS NE SAUVERONT PAS LA BANQUISE</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/les-pingouins-ne-sauveront-pas-la-banquise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 08:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Melusine Boon-Falleur, Editions JC Lattès, 2026  «&#160;Aujourd&#8217;hui plus de 3 personnes sur 4 dans le monde se déclarent concernées par les impacts du changement climatique… Toutefois cette connaissance du problème ne se traduit pas en action concrète&#160;». C&#8217;est ce questionnement qui a amené Mélusine Boon-Falleur, après une première expérience aux États-Unis dans un fonds d&#8217;investissement [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Melusine Boon-Falleur, Editions JC Lattès, 2026 </p>



<p>«&nbsp;<em>Aujourd&rsquo;hui plus de 3 personnes sur 4 dans le monde se déclarent concernées par les impacts du changement climatique… Toutefois cette connaissance du problème ne se traduit pas en action concrète</em>&nbsp;». C&rsquo;est ce questionnement qui a amené Mélusine Boon-Falleur, après une première expérience aux États-Unis dans un fonds d&rsquo;investissement dans le pétrole et le gaz, à se lancer dans une thèse en sciences cognitives à l&rsquo;école normale supérieure. Au cours de sa thèse, elle a travaillé sur l&rsquo;écologie comportementale, une approche intégrée des déterminants du comportement. «&nbsp;<em>Ce qui explique l&rsquo;inaction écologique n&rsquo;est pas seulement la paresse ou l&rsquo;impulsivité des gens, c&rsquo;est aussi l&rsquo;ensemble des obstacles qu&rsquo;ils rencontrent dans leur quotidien&nbsp;</em>». Dans cet ouvrage très pédagogique, elle nous partage les avancées des sciences cognitives tant dans l&rsquo;identification des freins à l’action que dans les solutions à mettre en place.</p>



<p>Cela fait plus de 50 ans que l&rsquo;information sur le changement climatique et plus globalement sur les impacts écologiques de l&rsquo;activité humaine sont connus. Et pourtant…</p>



<p>Il faut donc informer&nbsp;: « <em>Informer efficacement c&rsquo;est bien plus que transmettre des faits. C&rsquo;est structurer le message pour qu&rsquo;il soit compréhensible, pertinent et mémorisable. Rendre visible les liens de cause à effet, lutter contre les fausses intuitions et donner les clés pour agir. Enfin il s&rsquo;agit de favoriser l&rsquo;interaction afin d&rsquo;engager un véritable dialogue, seul moyen de faire évoluer les perceptions et les comportements</em>&nbsp;».</p>



<p>Pour attirer l&rsquo;attention et susciter une réaction, il faut parler du danger. Le deuxième chapitre donne des pistes pour rendre un danger palpable et préoccupant (proche dans l&rsquo;espace, directement lié au quotidien des gens&#8230;). Mais il faut aussi donner de l&rsquo;espoir en montrant que l&rsquo;action finit par porter ou mettre l&rsquo;accent sur des cobénéfices immédiat de l&rsquo;action, comme le gain financier.</p>



<p>«&nbsp; <em>Pour certains, les changements sont aux antipodes de leur mode de vie et de leurs valeurs&#8230; Comment faire pour que ces personnes ne rejettent pas en bloc la transition</em>&nbsp;?&nbsp;». C&rsquo;est l&rsquo;objet du chapitre suivant qui donne des outils pour mener « la bataille idéologique&nbsp;» contre le climato-scepticisme qui a «&nbsp;<em>été créé en grande partie par l&rsquo;industrie fossile et leur machine du doute&nbsp;</em>». Il faut s&rsquo;appuyer sur le processus de «&nbsp;vigilance épistémique&nbsp;» dont nous disposons tous pour rechercher la vérité. Il faut aussi de la «&nbsp;concordance motivationnelle&nbsp;», c&rsquo;est à dire adapter son discours aux valeurs de son interlocuteur. Il faut aussi atténuer les réflexes tribaux&nbsp;: dans ce contexte, le bon messager n&rsquo;est pas forcément le plus compétent s&rsquo;il est identifié comme faisant partie d&rsquo;une autre tribu. Enfin , il faut éviter la culpabilisation.</p>



<p>L&rsquo;écologie doit pouvoir s&rsquo;intégrer dans le quotidien des individus&nbsp;: la transition écologique doit devenir simple&nbsp; (ce qui n&rsquo;est pas toujours le cas comme l&rsquo;illustre le programme «&nbsp;MaPrimeRenov), le choix par défaut doit être écologique, il faut profiter de toutes les opportunités de casser les habitudes&#8230;</p>



<p>Restent deux sujets majeurs du comportement humain. D&rsquo;abord la compétition et la recherche de distinction (au sens de Pierre Bourdieu) qui fait que « <em>la logique de surenchère et de cascades de dépenses existent dans toutes les sociétés modernes&nbsp;». </em>Comme l&rsquo;ont fait d&rsquo;autres avant elle (cf.&nbsp;: «&nbsp;comment les riches détruisent la planète&nbsp;» d&rsquo;Hervé Kempf), la solution n&rsquo;est pas uniquement dans le comportement individuel. « <em>Pour réduire la consommation ostentatoire il faut s&rsquo;attaquer à l&rsquo;une des causes premières &#8211; les inégalités sociales&nbsp;».</em></p>



<p>Du côté positif, l&rsquo;humain a une capacité naturelle à coopérer, y compris dans les moments tragiques comme l&rsquo;attentat du Bataclan. Toutefois cette coopération ne doit pas être à sens unique&nbsp; « <em>au-delà de la réciprocité et de la visibilité des actions, il faut un autre ingrédient essentiel pour que la coopération réussisse&nbsp;: l&rsquo;équité&nbsp;».</em></p>



<p>En conclusion l&rsquo;auteur donne quelques pistes concrètes individuelles, tout en soulignant que le changement ne pourra advenir sans un désir collectif de changement. <em>«&nbsp;Pour reprendre la question du départ, pourquoi l&rsquo;humanité court droit dans le mur les yeux grands ouverts&nbsp;? Parce que le système socio-économique actuel la pousse à aller droit dans ce mur. Comment faire pour corriger le tir&nbsp;? En modifiant les règles du jeu pour qu&rsquo;un système écologique puisse remplacer un système polluant. Et donc en convaincant le plus de personnes possibles qu&rsquo;il faut changer leur mode de consommation, mais aussi leur façon de travailler, leur façon de voter, de se mobiliser, pour abandonner le système actuel et construire une nouvelle machine sociale qui assure de bonnes conditions de vie pour le plus grand nombre&nbsp;».</em> S&rsquo;il reprend des éléments déjà largement étudiés par d’autres, le grand mérite de l&rsquo;ouvrage de Mélusine Boon-Falleur est de les présenter de manière très pédagogique avec une écriture très fluide.</p>
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		<title>ÉCOLOS, MAIS PAS TROP</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/ecolos-mais-pas-trop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 08:44:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les classes sociales face à l&#8217;enjeu environnemental Jean Baptiste Comby, Raisons d&#8217;agir Editions, 2026 C&#8217;est à une exploration de la manière dont les différentes classes sociales s&#8217;emparent (ou non) du sujet de l&#8217;écologie que nous invite le sociologue Jean Baptiste Comby. Son ouvrage est basé sur des enquêtes sociologiques menées entre 2012 et 2018, dans [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Les classes sociales face à l&rsquo;enjeu environnemental</em></p>



<p>Jean Baptiste Comby, Raisons d&rsquo;agir Editions, 2026</p>



<p>C&rsquo;est à une exploration de la manière dont les différentes classes sociales s&#8217;emparent (ou non) du sujet de l&rsquo;écologie que nous invite le sociologue Jean Baptiste Comby. Son ouvrage est basé sur des enquêtes sociologiques menées entre 2012 et 2018, dans le cadre d&rsquo;un projet de recherche financé par l&rsquo;Agence Nationale de Recherche. Ces enquêtes permettent de bien se rendre compte&nbsp;&nbsp; de « <em>la concurrence spectaculaire entre les différents projets de société auxquels l&rsquo;écologie donne désormais lieu </em>».</p>



<p>Pour analyser les enquêtes, l&rsquo;auteur utilise un découpage sociologique basé sur les travaux de Pierre Bourdieu. Il distingue ainsi « <em>sept fractions qui apparaissent pertinentes au regard des positionnements de leurs membres sur la question environnementale </em>», classifiées selon leur niveau de capital (au sens bourdieusien) et le type de capital, culturel ou économique. On retrouve ainsi la bourgeoisie culturelle, la bourgeoisie économique, la petite bourgeoisie culturelle et la petite bourgeoisie économique, le pôle culturel des classes populaires stabilisées, le pôle économique des classes populaires stabilisées, et les classes populaires précarisées.</p>



<p>De ces enquêtes, 4 cas de figure se dégagent&nbsp;:</p>



<p>« <em>Les voies conformistes de réussite sociale engendrent généralement une adhésion à l&rsquo;écologie réformatrice</em>&nbsp;» (les petits gestes, la croissance verte…). Ce sont principalement les classes bourgeoises qui veulent bien être « écolos, mais pas trop » et surtout ne pas remettre en cause le système capitaliste.</p>



<p>«&nbsp;<em>Les chemins non conventionnels peuvent conduire vers l&rsquo;écologie non capitaliste&nbsp;</em>», mais ils représentent une fraction faible de la population ayant un capital culturel.</p>



<p>«&nbsp;<em>Les déclassements génèrent souvent un rejet de l&rsquo;écologie</em>&nbsp;», c&rsquo;est le cas des classes populaires qui, soumises à un déclassement social, ne se retrouvent pas dans l&rsquo;écologie réformatrice portée par la bourgeoisie.</p>



<p>«<em>&nbsp;Les intégrations instables et précaires ne permettent pas tellement de prendre part à l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des écologies</em>&nbsp;», autrement dit pour les plus pauvres (et le nombre augmente régulièrement) l&rsquo;écologie n&rsquo;est pas un sujet.</p>



<p>D&rsquo;une manière générale, chacune des classes sociales a des « difficultés<em> à écologiser leur manière d&rsquo;être au monde du fait de leur attachement aux critères établis de la réussite sociale, du poids des routines et de l&rsquo;inertie de leur quotidien&nbsp;».</em></p>



<p>Malheureusement, dans aucun des cas étudiés, on ne voit émerger une force capable d&rsquo;enrayer le désastre écologique en cours&nbsp;: « <em>Dans chacune de ces configurations l&rsquo;écologie échoue à être le moteur de la profonde transformation sociale dont elle a pourtant urgemment besoin&nbsp;».</em></p>



<p>Pour l&rsquo;auteur, l&rsquo;action écologique est donc indissociable d&rsquo;une action sociale : «&nbsp;<em>Les protagonistes de l&rsquo;écologie doivent donc urgemment reprendre la main sur les institutions du social, en menant une lutte pour le pouvoir de peser sur les mécanismes par lesquels, dans une société, les places se distribuent, les relations se tissent, les classes se (dé)forment et les désirs individuels comme les intérêts collectifs se forgent&nbsp;: autrement dit une lutte des classes&nbsp;». </em>Une conclusion qui rejoint le message de Bruno Latour et Nikolaj Schultz dans « Mémo sur une nouvelle classe écologique&nbsp;», à savoir qu&rsquo;il faut «&nbsp;<em>Établir un bloc majoritaire pour engager une lutte des classes ayant l&rsquo;écologie comme levier et comme boussole&nbsp;». </em>Au vu de l&rsquo;analyse de la situation présente que décrit Jean Baptiste Comby, ce n&rsquo;est pas gagné, mais comme le disait Pierre Bourdieu «&nbsp;<em>Ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir sociologique, le défaire&nbsp;».</em></p>



<p>Un ouvrage de sociologie dont les formulations sont parfois un peu complexes, mais dont les concepts sont heureusement éclairés par une vingtaine d&rsquo;encadrés décrivant des cas concrets de chacune des classes sociologiques étudiées.&nbsp; Pour découvrir ces concepts , il est aussi possible de regarder la conférence gesticulée de Anthony Pouliquen et Jean Baptiste Comby « L’écologie sans lutte des classes, c&rsquo;est du gaspillage&nbsp;».</p>



<p>Lien&nbsp;: <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cpAY24KcGqw">https://www.youtube.com/watch?v=cpAY24KcGqw</a></p>
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		<title>GREENBACKLASH</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/greenbacklash/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 08:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui veut la peau de l&#8217;écologie&#160;? Sous la direction de Laure Teulières, Steve Hagimont, Jean-Michel Hupé, Éditions du seuil 2025 Après une période où les enjeux écologiques semblaient progressivement prendre de l’importance dans les stratégies politiques, on constate un « retour de bâton » très clair. «&#160;Ce livre est né du sentiment que quelque chose [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Qui veut la peau de l&rsquo;écologie&nbsp;?</em></p>



<p>Sous la direction de Laure Teulières, Steve Hagimont, Jean-Michel Hupé, Éditions du seuil 2025</p>



<p>Après une période où les enjeux écologiques semblaient progressivement prendre de l’importance dans les stratégies politiques, on constate un « retour de bâton » très clair. «&nbsp;<em>Ce livre est né du sentiment que quelque chose est en train de se produire qui n&rsquo;est pas qu&rsquo;un backlash anti-écologique supplémentaire… Une dynamique semble enclenchée dans laquelle basculements politiques, sociaux et géopolitiques majeurs se combinent avec des bouleversements écologiques et climatiques irréversibles pour se renforcer mutuellement&nbsp;». </em>C&rsquo;est cette dynamique qu&rsquo;analysent les 40 auteurs sous forme de 26 petits chapitres qui s’intéressent aux différentes formes de backlash dans le monde, aux éléments de langage qui visent à discréditer l&rsquo;écologie et aux stratégies des différentes institutions.</p>



<p>L&rsquo;ouvrage commence par une introduction qui pose un certain nombre de constats&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;<em>Les démocraties sont coincées entre d&rsquo;un côté un consensus productiviste sur lequel s&rsquo;appuient les mécanismes de redistribution qui permettent la stabilité sociale et de l&rsquo;autre la reconnaissance progressive de limites écologiques, climatiques et matérielles qui appellent au contraire à une urgence d’auto limitation de la production et de la consommation.</em></p>



<p><em>«&nbsp;Alors que la consommation et le fait de gagner de l&rsquo;argent se sont imposés comme des aspirations centrales dans le monde entier,&nbsp; le modèle autoritaire qui prétend garantir ces «&nbsp;libertés&nbsp;» au prix de la démocratie peut apparaître désirable à une partie de la population&nbsp;».</em></p>



<p>L&rsquo;analyse se déroule ensuite dans 26 chapitres indépendants écrits par des auteurs différents, organisés en 3 grandes parties.</p>



<p>La première partie propose une sorte de tour du monde du Greenbacklash «&nbsp;<em>pour saisir la variété de ces matrices idéologiques et de ces manifestations territoriale</em>s&nbsp;». On va ainsi aux États-Unis avec ses marchands du doute, en Amérique latine avec Bolsonaro et Milei, en Europe (comment la commission européenne détricote le pacte vert), dans les pays soumis à l&rsquo;extractivisme&#8230;</p>



<p>La 2ème partie s&rsquo;intéresse aux éléments de langage et aux présentations qui visent à discréditer l&rsquo;écologie&nbsp;: «&nbsp;<em>les écolos sont catastrophistes, on n’arrête pas le progrès, l&rsquo;écologie c&rsquo;est pour les bobos, le bio ne nourrira pas le monde…&nbsp;».</em></p>



<p>La 3ème partie s&rsquo;intéresse aux institutions du greenbacklash, «&nbsp;<em>ces lieux où il se forge et s&rsquo;effectue concrètement&nbsp;: entreprises, lobby agro industriels, forces de l&rsquo;ordre, droits médias et autres réseaux d&rsquo;acteurs qui visent à se défaire de l&rsquo;écologie&nbsp;».</em></p>



<p>Un ouvrage très riche de regards croisés qui illustre bien que<em> «&nbsp;Le Green Backlash est le fait de toutes celles et de tous ceux qui ont énormément à perdre matériellement et symboliquement face au progressisme socio-écologique, ainsi que celles et ceux &#8211; la majorité de la population &#8211; à qui on fait croire qu&rsquo;ils et elles auront davantage à perdre qu&rsquo;à gagner&nbsp;».</em></p>



<p></p>
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		<title>Newsletter Mai 26 : Backlash écologique</title>
		<link>https://www.chedd.apesa.fr/newsletter-mai-26-backlash-ecologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adminchedd]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 08:32:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Aujourd&#8217;hui plus de 3 personnes sur 4 dans le monde se déclarent concernées par les impacts du changement climatique&#160;». Et pourtant, on assiste ces dernières années à un « backlash&#160;», un retour en arrière politique très marqué, sur les sujets écologiques. Une partie de l&#8217;explication peut être les erreurs des discours écologistes comme l&#8217;analyse Eric [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Aujourd&rsquo;hui plus de 3 personnes sur 4 dans le monde se déclarent concernées par les impacts du changement climatique&nbsp;». </em>Et pourtant, on assiste ces dernières années à un « backlash&nbsp;», un retour en arrière politique très marqué, sur les sujets écologiques.</p>



<p>Une partie de l&rsquo;explication peut être les erreurs des discours écologistes comme l&rsquo;analyse Eric Aeshimann dans «&nbsp;Les vipères ne tombent pas du ciel&nbsp;». Dans «&nbsp;Les pingouins ne sauveront pas la banquise&nbsp;», Melusine Boon-Falleur nous propose les derniers enseignements des sciences cognitives pour améliorer ces discours.</p>



<p>Mais s’il y a beaucoup d&rsquo;améliorations à apporter dans le discours écologique, les deux auteurs rejoignent le constat fait dans l&rsquo;ouvrage collectif « Greenbacklash », à savoir que le retour en arrière est surtout <em>«&nbsp;le fait de toutes celles et de tous ceux qui ont énormément à perdre matériellement et symboliquement face au progressisme socio-écologique, ainsi que celles et ceux &#8211; la majorité de la population &#8211; à qui on fait croire qu&rsquo;ils et elles auront davantage à perdre qu&rsquo;à gagner&nbsp;».</em></p>



<p>Ce constat rejoint l&rsquo;analyse sociologique très fine faite par Jean Baptiste Comby dans «<em> Ecolos, mais pas trop&nbsp;</em>», qui conclut qu&rsquo;il est indispensable de lier démarche écologique et démarche sociale. Reprenant l&rsquo;idée développée par Bruno Latour et Nikolaj Schultz dans « <em>Memo sur une nouvelle classe écologique</em>&nbsp;», il propose d’« <em>établir un bloc majoritaire pour engager une lutte des classes ayant l&rsquo;écologie comme levier et comme boussole&nbsp;».</em> Autrement dit« <em>l&rsquo;écologie sans la lutte des classes, c&rsquo;est du gaspillage </em>».</p>



<p>Benoit de Guillebon</p>



<p></p>
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