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Newsletter Juillet 26 : Nos vies ne sont pas des marchandises 

Nous n’avons plus une économie de marché : nous sommes devenus une société de marché. Nous avons un mode de vie tel que les marchés et les valeurs marchandes s’insinuent dans le moindre aspect des affaires humaines et que les relations sociales sont réaménagées à l’image du marché, nous dit Michael Sandel dans « Ce que l’argent ne saurait acheter ». De fait le marché ressemble de plus en plus à une religion, comme l’a illustré avec pertinence et humour Stéphane Foucart dans son ouvrage « Des marchés et des dieux ».

Cette « religion » du marché profite clairement aux plus riches qui font tout ce qu’ils peuvent pour la maintenir et la développer, y compris dans des domaines qui devraient lui échapper comme la santé, la petite enfance, la mort.

« Les infiltrés » de Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre illustre ainsi comment l’infiltration des cabinets de conseil au sein des ministères conduit progressivement à mettre entre les mains du marché (ou des plus riches) des pans entiers de notre vie quotidienne.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la classe des plus riches a compris que « compte tenu des risques économiques,  politiques et sociaux que fait peser la crise climatique sur son patrimoine et son pouvoir, elle a intérêt à agir ». Elle promeut ainsi activement en matière d’actions climatiques des solutions de marché qui correspondent à ses intérêts. C’est l’enquête faite par Édouard Morena dans « Fin du monde et petits fours ».

Pourtant  « Nos vies ne sont pas des marchandises » nous dit Boris Vallaud dans son ouvrage. « La marchandisation est une construction historique et non une fatalité économique encore moins une loi naturelle ». Il est donc temps de reconstruire « un socialisme qui pense ensemble l’entreprise, le travail, la citoyenneté sociale et la richesse à partir de l’utilité sociale, des besoins humains réels et des limites planétaires ».  

S’appuyant sur les écrits de Marx à la fin de sa vie, le philosophe Kohei Sato va plus loin dans « Moins » et prône « le communisme de décroissance… le seul choix qui nous reste pour faire naître une société durable et juste qui permettra à l’humanité de surmonter la crise environnementale ».

En cette période où nous commençons activement à débattre de la société que nous voulons après 2027, c’est le moment de réfléchir à la manière de résister à cet envahissement de la logique de marché qui transforme nos vies en marchandises.

Benoit de Guillebon