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Newsletter Janvier 26 : Violence et guerre

Violence et guerre sont deux mots qui s’invitent de plus en plus dans l’agenda médiatique de ces derniers temps. Comme le dit Didier Fassin : « Le ciel du monde contemporain s’est fortement obscurci au cours des dernières décennies… Dans ces temps sombres, la violence est devenue plus visible ». En ce début d’année 2026, je vous propose donc 3 essais très riches pour essayer de prendre du recul sur le sujet de la violence et de la guerre. 

Qu’est-ce que la violence ? Que peut-on faire face à la violence ? Ce sont les deux questions auxquelles Didier Fassin tente de répondre avec une vision très transversale dans ces « Leçons des ténèbres », texte issu d’un cours donné au Collège de France.  

Depuis quand et sous quelle forme les groupes humains rentrent-ils en conflit ? C’est le sujet de « casus Belli », de Christophe Darmangeat, qui nous montre que les conflits entre groupes humains ont quasiment toujours existé sous des formes très variées, mais que la structuration des groupes humains en États a drastiquement diminué les conflits au sein des États. Ce qui nous laisse espérer qu’une structuration planétaire (nous n’y sommes pas encore !) permettrait de réduire encore les conflits.

Dans « L’économie de la violence », Matthieu Coutennier, prend le point de vue de l’économiste pour tenter de « comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les sociétés humaines, mettre en lumière les incitations qui nourrissent la violence et éclairer les politiques susceptibles d’en prévenir ou d’en atténuer les efforts ».

S’ils ne nous donnent pas de solutions toutes faites, ces ouvrages très fouillés rédigés par des chercheurs nous donnent des clés de compréhension et une mise en perspective intéressantes. Ce qui permet de pondérer un discours médiatique et politique court-termiste et souvent plus émotionnel que factuel.

Le dérèglement du monde, et en particulier le changement climatique, va clairement contribuer à augmenter les violences. Pour répondre à ce dérèglement, Pablo Servigne, lui, nous propose de rentrer dans l’action et de constituer « le réseau des tempêtes ». Convaincu que « face aux tempêtes à venir, le lien social devient notre meilleure stratégie », il plaide pour le développement de l’entraide populaire.  

Un encouragement à ne pas baisser les bras devant une montée relative des violences.

Benoit de Guillebon