Pablo Servigne, Éditions Les liens qui Libèrent, 2025
Après l’analyse des catastrophes à venir dans « comment tout peut s’effondrer », la promotion de l’entraide dans « l’entraide, l’autre loi de la jungle », la maîtrise des peurs dans « le pouvoir du Suricate », Pablo Servigne continue sa réflexion sur les pistes pour mieux vivre dans notre monde fortement instable : « L’étude des catastrophes m’a plongé dans les rouages de l’entraide, l’étude de l’entraide m’a redonné confiance en l’humain et en l’avenir. Cette confiance généralisée me permet alors de continuer à aborder les catastrophes comme un marin aborde les tempêtes ». Dans ce petit essai, il propose donc l’entraide populaire (le lien social) comme le meilleur moyen de se préparer à affronter les tempêtes à venir.
Le « réseau des tempêtes » de chacun d’entre nous, c’est l’ensemble des personnes avec lesquelles nous sommes connectés « Un vrai petit tissu social plus ou moins grand, local ou global, diffus ou concentré, dispersé ou homogène, peu importe… mais dense et chaleureux ». Par opposition au survivalisme des gens qui s’enferment dans un bunker, Pablo Servigne propose le « supervivalisme » autour de quatre principes : « On se prépare aux crises en améliorant le tissu social / Se préparer seul ou en se repliant est dangereux / L’humain prime sur le matériel / Tout geste de préparation doit améliorer notre vie aujourd’hui ».
Il consacre un chapitre à la caractérisation des liens à créer (des liens affinitaires et « voisinautaires », des liens horizontaux et verticaux, des liens denses et légers) et définit trois niveaux de densité des liens : la convivialité, l’authenticité et l’adversité.
Il rappelle avec des exemples concrets l’importance de l’entraide « Ce qui est dingue c’est de devoir écrire des livres sur ces évidences. Décidément notre société est allée bien loin dans le processus de rupture des liens !».
Il nous appelle à agir ensemble à plusieurs échelles sans attendre des grands systèmes qu’ils nous sauvent – ce qui ne nous empêche pas d’y participer – « il est temps de refaire du commun aussi à petite échelle ».
En résumé le message de Pablo Servigne ressemble un peu au pari de Pascal. Même s’il n’y a pas de catastrophes, développer l’entraide populaire et le lien social est une stratégie gagnante.
« L’essentiel, ce qui reste valable pour toutes les crises petites ou grandes locales ou globales, techniques ou pas est de cultiver en amont la qualité du lien social. Cette stratégie est doublement gagnante : en cas de crise, c’est évident. Et si les crises tardent à venir nous aurons contribué à améliorer notre quotidien ».
L’auteur termine par la description de plusieurs actions dans lesquelles il s’est engagé, dont l’association « réseau des tempêtes », créée en 2025.
Un petit essai très rapide à lire et qui conforte, s’il en est besoin, dans l’idée que le lien social et l’entraide populaire sont des éléments majeurs pour mieux vivre dans le monde passablement chahuté dans lequel nous vivons.