Emmanuel Pont, Éditions Payot, 2025
Quand on parle des enjeux écologiques et de l’avenir de l’espèce humaine sur la planète Terre, revient souvent la question de la population ? Ce qui conduit certains à renoncer à avoir des enfants pour des raisons écologiques, afin d’ « éviter d’ajouter un être qui polluera inévitablement, ou lui épargner un avenir potentiellement sombre ». Cela conduit aussi à voir se développer des politiques de limitation autoritaire de la natalité (politique de l’enfant unique en Chine) ou réapparaître des discours déshumanisants ou eugénistes.
Le grand mérite de l’ouvrage d’Emmanuel Pont est de présenter des données factuelles : sur la transition démographique déjà réalisée dans les pays les plus développés et en cours dans les autres, sur l’impact réel des augmentations de population dans les pays en développement, sur l’impact carbone d’un enfant dans un pays riche. Ces données permettent ainsi de montrer « qu’il n’y a pas de « bombe population » dans la mesure ou la population mondiale est en voie de stabilisation » et que la réduction de la population n’est pas un levier efficace pour résoudre la crise écologique. Les messages sur la réduction de population et sur l’immigration sont généralement le moyen pour les personnes au pouvoir (politiques et entreprises) de détourner l’attention sur les questions d’inégalités et justifier le statu quo. « Le nombre d’humains est beaucoup moins important que la manière dont ces derniers vivent et s’organisent ». Un ouvrage très intéressant sur le fond. Malheureusement l’écriture n’est pas très fluide et le souci de rigueur de l’auteur le conduit à abuser des chiffres, ce qui rend l’ouvrage un peu touffu.